ÉVÉNEMENTS CULTURELS – Expositions

Etre chair-bannière-FB-min

Programmation des expositions de l'ESPACE BEAULIEU - Saison 2020-2021

Après de plusieurs mois de fermeture au public, l’Espace Beaulieu, dont les activités ont repris depuis le 2 juin 2020, accueille sa première exposition de la saison culturelle 20/21 du 7 octobre au 28 novembre 2020 : « Être chair » – Bruno Falibois, Thierry Riffis et Laurent Valera -, curatée par Corinne Szabo, professeure agrégée dans les classes préparatoires du Lycée Michel de Montaigne, commissaire d’exposition, critique d’art et artiste.

La programmation intégrale de la saison sera dévoilée dans les prochaines semaines. 

Chaque saison, celle-ci est proposée par un comité artistique présidé par Adeline Falières, historienne de l’art, Grégoire Darragon, directeur de l’Espace Beaulieu, Rodolphe Martinez, journaliste et artiste, Alice Roullée, chargée de projets éditoriaux, Adélaïde Sieber, cheffe de projets culturels, Corinne Szabo, professeure agrégée en classes préparatoires, commissaire d’expositions, critique d’art et artiste.

Exposition à venir : 7 OCTOBRE 2020 - 28 NOVEMBRE 2020 "Être chair", Bruno FALIBOIS, Thierry RIFFIS, Laurent VALERA.

3 visites commentées sont proposées en présence des artistes :

  • Samedi 10 octobre 2020, à 11h
  • Mercredi 11 novembre 2020, à 15h
  • Jeudi 12 novembre 2020, à 18h
Renseignements et inscriptions à l’accueil de l’Espace Beaulieu. 

Pensée comme un dialogue entre trois artistes à travers une sélection de trois fois dix pièces, « Être chair » engage à une expérience de la spiritualité, en résonance avec la couleur, les lignes, les distorsions et les fragmentations du corps dans l’espace.

Abstractions picturales, plastiques et photographiques géométriques, la conversation proposée invite à chercher du côté de la perception de la chair dans l’histoire de l’art : les peintures charnelles monumentales de Thierry Riffis répondent aux collages chromatiques de Laurent Valera, questionnés par les compositions photographiques de Bruno Falibois pour mieux dire les correspondances formelles qui entrelacent les trois pratiques.

Bruno Falibois, Thierry Riffis et Laurent Valera vivent et travaillent tous trois à Bordeaux.

ÊTRE CHAIR[1]

 

Si le monde judéo-chrétien a fourni un éventail varié de thèmes iconographiques et plastiques pour figurer l’incarnation, les artistes contemporains, en marge des formes classiques fixées dès la fin du Moyen-Âge occidental, nous donnent une toute nouvelle expérience de la spiritualité faite chair à travers des images métaphoriques puissantes dont le mutisme et l’abstraction sont l’équivalent de la révélation. Dès lors, la mimésis réaliste s’efface au profit de techniques de défiguration, de recouvrement et de fragmentation des corps et des espaces pour dire plus intensément la vérité subjective de l’esprit incarné dans la chair.

Il s’agit de chercher à communiquer au spectateur, par l’intermédiaire des couleurs et des lignes du tableau ou de la photographie, la violence et la singularité de l’émotion. Chez Thierry Riffis, c’est l’hyperbole et le style expressionniste qui y répondent en peinture, style qui privilégie la projection d’une subjectivité tendant à déformer la réalité pour atteindre une plus grande intensité expressive : la représentation des sentiments se fait via des empâtements marqués et des couleurs violentes dans des échafaudages graphiques qui perturbent la vision hallucinée des corps. Chez Laurent Valera, les compositions abstraites géométriques déclinent le motif simple d’un élément unique : une bande de ruban adhésif coloré de 5 cm de large par 26 cm de long qui forme dans la totalité de l’espace l’image d’une trame à travers laquelle joue la lumière. La grille qui s’y reflète devient la projection, le miroir mouvant d’une perception. Chez Bruno Falibois, le processus de construction de l’image opère également une déformation subjective. Loin du statut objectif et indiciel de la photographie, l’image est le résultat d’opérations où le corps et l’espace sont déformés, dédoublés, démembrés ou décomposés par des objets et des filtres parasitaires qui intensifient la projection mentale. La division et le compartimentage du champ de vision produit l’émergence de la présence.

Ce qui relient les démarches des trois artistes se joue aussi au niveau des correspondances intersensorielles : des connexions entre les sons et le mouvement pour les peintres dont les gestes sont modulés par des rythmes musicaux, des couleurs et des textures, des interactions entre la vue et le toucher pour le photographe dont l’œuvre prend corps par l’incarnation en son sein du physique de l’artiste. Le corps de l’oeuvre contient le résultat des mécanismes de projection et d’intégration d’éléments psychiques et d’aspects corporels : l’image constituerait ainsi un analogon de la fonction limite de la peau, fonction se référant à la notion du « Moi-Peau »[2] développée par Didier Anzieu. ÊTRE-CHAIR, MOI-PEAU, l’œuvre est bien cette surface de contact absorbant la substance projective de l’artiste et rendant compte de la spiritualité du monde.

 

Corinne Szabo
pour l’Espace Beaulieu, juillet 2020

 

1. Le terme a été emprunté au titre de deux séries de peintures de Thierry Riffis.
2. Ce concept est développé dans une série de photographies de Bruno Falibois.

Expositions antérieures

Saison culturelle 2019/2020

SAISON CULTURELLE 2018-2019

SAISON CULTURELLE 2017-2018

adresse

145 rue de Saint Genès

33000 BORDEAUX

NOS HORAIRES

LUNDI-VENDREDI: 08:00 – 20:00

SAMEDI: 8:30 – 13:30

DIMANCHE: Fermé

NOUS CONTACTER

N° de téléphone: 05.47.50.21.10

Follow Us