Exposition STEPHANE HAZERA

Exposition « Du verbe peindre », Stéphane HAZERA, du 23 avril au 23 juin 2018 – Espace Beaulieu, Bordeaux

DU VERBE PEINDRE

« Au commencement était le verbe …»*

Peindre est décliner le verbe. Décliner le verbe induit un « regard sur le monde [qui] est un projet de monde. » Le verbe peindre : une métaphore du monde. Car la métaphore ne décrit pas, elle ne distancie pas, elle invite, elle inclut autrui dans son périmètre pour que le regard sur le monde puisse aussi être le sien.

Le peintre ne montre pas, il représente car la peinture devient la seule alternative possible. Montrer reviendrait à traiter l’objet en son apparence nue, son degré zéro, son insignifiance, non son essence. Montrer repousse l’autre au-delà du sujet en ramenant la forme en une enveloppe vide sans chair, sans sens.

Dans l’espace formel créé, imposé, conduit, « métaphorisé » par l’artiste, grâce à cette distance où le monde est infini, la peinture occupe le lieu de l’« inconnaissable ». La peinture, « une éternité entrevue », espérée, reconstruite, dirigée vers l’Origine.

La toile devient l’objet qui passe, l’objet transitionnel, qui conduit ou égare pour mieux diriger, un catalyseur vers les libertés partagées par l’artiste et celui qui regarde son discours.

Peindre, peindre avec douleur, abandon, croyance, quiétude. La démarche devient alors une quête mystique puisqu’elle se veut une avancée vers l’essentiel, le général qui fonde la pierre commune à tous, l’absolu. Peindre, « c’est comme peindre des noms, ou mieux encore, peindre Le Nom. Non pas un nom mais Le Nom, le nom sans nom, le nom de Dieu et de son silence. »

Ainsi l’œuvre de Stéphane Hazera suit la crête instable, rigoureuse d’une démarche où « la forme juste est la représentation de l’absolu ». Ce travail d’ouvrier, de pénitent, d’artiste aimant la Vie constitue une traversée mystique humblement dissimulée par la polysémie des formes représentées.

Si l’effet d’une œuvre n’entre pas dans le cadre d’une réception mais assurément dans celui d’une opération, les créations de Stéphane Hazera procèdent puissamment du domaine opératif. L’apparente complexité de son propos recouvre une trajectoire constamment orientée vers l’essentiel.

Ce travail emprunte toujours des formes multiples qui semblent nous diriger vers un labyrinthe. Pourtant ces chemins ne sont pas détournés et toutes ces portes ouvertes/fermées conduisent vers la liberté d’être en harmonie avec le monde.

Rien n’est donné mais tout est offert à qui a le courage, la volonté de lâcher prise devant l’œuvre.

Jacques Lalanne

*citations empruntées à Stéphane Hazera


Vernissage de l’exposition « Du verbe Peindre » de Stéphane HAZERA, jeudi 26 avril 2018

Grégoire DARRAGON, Directeur d’Espace Beaulieu – Adeline FALIERES, Présidente d’Escales des Artistes et Bordeaux – Ellen HAZERA

« Chers artistes, vous le savez bien, nombreuses sont les stimulations, intérieures et extérieures, qui peuvent inspirer votre talent. Cependant, toute inspiration authentique renferme en elle-même quelque frémissement de ce «souffle» dont l’Esprit créateur remplissait dès les origines l’œuvre de la création. En présidant aux mystérieuses lois qui régissent l’univers, le souffle divin de l’Esprit créateur vient à la rencontre du génie de l’homme et stimule sa capacité créatrice. Il le rejoint par une sorte d’illumination intérieure, qui unit l’orientation vers le bien et vers le beau, et qui réveille en lui les énergies de l’esprit et du cœur, le rendant apte à concevoir l’idée et à la mettre en forme dans une œuvre d’art. On parle alors à juste titre, même si c’est de manière analogique, de «moments de grâce», car l’être humain a la possibilité de faire une certaine expérience de l’Absolu qui le transcende.

Au seuil du troisième millénaire, je vous souhaite à tous, chers artistes, d’être touchés par ces inspirations créatrices avec une intensité particulière. Puisse la beauté que vous transmettrez aux générations de demain être telle qu’elle suscite en elles l’émerveillement ! Devant le caractère sacré de la vie et de l’être humain, devant les merveilles de l’univers, l’unique attitude adéquate est celle de l’émerveillement.

De cet émerveillement pourra surgir l’enthousiasme dont parle Norwid dans la poésie à laquelle je me référais au début. Les hommes d’aujourd’hui et de demain ont besoin de cet enthousiasme pour affronter et dépasser les défis cruciaux qui pointent à l’horizon. Grâce à lui, l’humanité, après chaque défaillance, pourra encore se relever et reprendre son chemin. C’est en ce sens que l’on a dit avec une intuition profonde que «la beauté sauvera le monde ».

La beauté est la clé du mystère et elle renvoie à la transcendance. Elle est une invitation à savourer la vie et à rêver de l’avenir. C’est pourquoi la beauté des choses créées ne peut satisfaire, et elle suscite cette secrète nostalgie de Dieu qu’un amoureux du beau comme saint Augustin a su interpréter par des mots sans pareil : «Bien tard, je t’ai aimée, ô Beauté si ancienne et si neuve, bien tard, je t’ai aimée !

Puissent vos multiples chemins, artistes du monde, vous conduire tous à l’Océan infini de beauté où l’émerveillement devient admiration, ivresse, joie indicible ! »

Extrait de la lettre de Jean Paul II aux artistes, du 4 avril 1999, lu par Grégoire DARRAGON, Directeur d’Espace Beaulieu, le 26 avril 2018 lors du vernissage de l’exposition « DU VERBE PEINDRE » de Stéphane HAZERA

            

Duo de Violon et Alto, par Jean Sébastien HUBERT et Marie STEINMETZ

Hier soir, la soirée de vernissage fût magnifique : les oeuvres de Stéphane HAZERA s'intégrant à merveille dans la Maison Saint Louis Beaulieu, le récital de violon et alto donné par Marie Steinmetz et Jean-Sébastien Hubert résonnait divinement…Inoubliable !Merci…

Publiée par Espace Beaulieu sur Vendredi 27 avril 2018

Petit aperçu des œuvres de l’exposition « Du verbe peindre » de Stéphane HAZERA, du 23 avril au 23 juin 2018, Espace Beaulieu

  Verbe / acrylique sur bois / 150  x  128 cm

  Chalosse florentine /  146 x 114 cm / huile sur toile

  L’oiseau bleu / huile sur toile /  146 x 114 cm / collection Lycée Montaigne

  Platon n°1 / huile sur toile / 162 x 132 cm