Exposition KEN « L’Oeil de Ken »

Exposition en cours : « L’OEIL de KEN », par Ken WONG-YOUK-HONG

Sensible à l’autre et au multiculturalisme depuis toujours, KEN a commencé la photographie en 2013 lorsque Titi, SDF, le voit passer dans la rue un appareil photo à la main et lui demande d’immortaliser
sa chienne malade. C’est le début d’une discussion, d’un éveil à l’autre et à ses fêlures, et d’une vocation. Le cliché et tous ceux qui suivront seront postés sur la page Facebook de KEN pour aider les sans-abris à trouver un hébergement, des vêtements, de la nourriture, et créer du lien. Son but : créer des ponts entre
les mondes de l’intérieur et de l’extérieur, du dedans et du dehors, de ceux qui sont visibles et de ceux qui sont invisibles, ou que l’on ne veut pas voir, et rendre compte, avec ses photographies, de la belle humanité riche de ses différences qui est en chacun de nous et fait société. Sans misérabilisme ni voyeurisme, avec une très grande humilité, les photographies de KEN arrivent toujours après qu’une relation d’amitié et de fraternité s’est nouée : « l’appareil photo me sert à révéler la beauté de ces gens, qui eux-mêmes se trouvent beaux, à nouveau. Voir leur image ne les choque pas. Intelligents, ils sont
lucides sur leur situation. Certains ont choisi la rue, d’autres non. Il arrive que leurs proches me contactent via les réseaux sociaux, rassurés d’avoir reconnus des visages et lu des mots. Le noir et blanc
a longtemps été un parti pris qui m’a permis de concentrer le regard sur les émotions là où la couleur fait parfois diversion. » L’exposition présentée à l’Espace Beaulieu montre différentes séries récentes
reconstituant une sorte de portrait de famille bienveillant où l’on reconnaîtra Titi, Goulkhan, Caro, Paul, des photographies toutes accompagnées d’un texte qui dit quelque chose de la vie fracassée du
modèle, et la vérité de l’instant de la photo.

– Comme une ombre dans la ville, recueil de textes et de
photographies présentées au Rocher de Palmer, publié en 2015
aux Éditions Passiflore, disponible à la consultation et en vente
à l’Espace Beaulieu pendant toute la durée de l’exposition — une
partie des fonds collectés sera reversée à l’association Le Carillon.
– vente des photographies au profit de l’association Le Carillon,
réseau local de commerçants et d’habitants solidaires des personnes
sans domicile fixe (www.lecarillon.org).

 

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COMMUNIQUE DE PRESSE


« En me voyant. Un enfant a dit à sa mère : Maman. C’est l’homme aux larmes de sang. »
RICO


« Rien ne m’a été donné dans cette vie. J’ai connu les nuits à la rue. Je peux être fier de moi. J’exerce aujourd’hui ma passion :je m’occupe de la sécurité incendie dans un lieu où les familles viennent skier. Je protège les gens. Moi que l’on n’a jamais protégé. Mais je n’ai pas de rancune, moi. Aucune rancune. »
SEB


« Blessé. Il s’est faufilé entre les jambes des badauds qui l’ont ignoré comme ils m’ignorent chaque jour.
Il s’est ensuite approché de ma casquette. Vide de pièces. Et m’a regardé. Je l’ai pris entre mes mains.
Il s’est laissé faire. Je l’ai nourri. Réparé. Et ce matin, il s’est envolé. »
THOR & LE PIGEON


« Un jour la rue nous a dit : je serai vos nuits. »
LES AMOUREUX DE LA PLACE PEY-BERLAND


« Ce jour là, il n’avait pas que les yeux d’Audrey qui étaient bleus. Ses bras et ses
jambes aussi. L’homme aux poings lourds. Elle a eu la force de le quitter un jour.
L’homme aux poings lourds. Aujourd’hui Thor prend soin d’elle. »